Le bricolage !

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Il y a quelques semaines, nous avons organisé des cours pour des jeunes réfugiés dans le nouvel atelier d’Evere. C'est grâce à une association avec le club Kraainem Football et les centres Fedasil que ce beau projet a pu se concrétiser. Dans ce petit article, j’avais envie de vous décrire cette belle expérience de vie. Quand le bricolage rassemble ... Le matin, je vais les chercher avec la camionnette au centre Fedasil de Woluwe-Saint-Pierre tout près de chez moi. Le centre de Woluwe-Saint-Pierre est un centre d'observation et d'orientation pour mineurs étrangers non accompagnés en Belgique. Ce sont des jeunes qui ont dû quitter leur famille et sont en situation régulière de demandeurs d'asile. Après quelques semaines, les jeunes sont donc envoyés dans une autre structure, ou place d’accueil adéquate. Jamal, Tidiane, Kalid, Lauceny, Bodo, … ils sont une dizaine à embarquer direction l’atelier pour découvrir quelques métiers manuels. On échange quelques phrases timides. Mais ils restent sur la réserve ne sachant pas trop ce qu’il les attend. Ils ont vu tellement de choses dans leur épopée de migrants. On arrive à l’atelier où l’on prend un café tous ensemble avec Gaël, professeur pour la journée, Coralie, et Lauren et Gwenaelle, stagiaires chez Les Débrouillardes. Dans un franco/anglais approximatif, on papote. Ils ont tous entre 13 et 18 ans et viennent de Guinée Conakry, d’Afghanistan, d’Ethiopie. La langue nous empêche de faire de longues phrases mais la communication est déjà intense. Rassurés, on voit leurs visages s’illuminer en comprenant ce qu’ils vont faire et apprendre. Gaël commence avec une initiation au carrelage. Les jeunes fabriquent leur colle, placent et coupent leurs carrelages tels des professionnels. Leur enthousiasme est communicatif. Ils n’auront certes peut-être pas de maison à carreler demain mais ils ont appris, se sont rendu compte qu’ils en étaient capables. Gaël ajoute à la fin de sa journée ; « Y en a qui sont doués. S’ils suivent quelqu’un 6 mois, ils pourraient devenir de très bons carreleurs ». Sait-on jamais que l’on ait créé des vocations ? Le lendemain, et le jour suivant, la bande revient pour toucher au travail du bois. C’est Gilles qui partage sa passion et donne le cours. Son énergie légendaire est communiquée et très vite partagée avec les jeunes. En deux temps trois mouvements les voilà en train de scier, visser, clouer … les résultats sont impressionnants. Pendant ces deux jours, toute l’équipe – Gilles, Gwenaëlle et Lauren, et leurs nouveaux copains – se passionnent de nouveaux projets ; ils construisent des tables, de chaises, un bar, des meubles à épices, … C’est bluffant. A la fin de la journée, Tidiane nous dit en rigolant : « On ne dira pas que c’était super sinon demain nous seront 20 du centre à vouloir venir ». Vendredi, le stage se termine. Gaël leur explique quelques rudiments d’électricité. Ils fabriquent tous une lampe de chevet. Certains s’attèlent à la peinture et la décore. Ils repartent tous avec leurs créations, ils sont fiers. L’aventure touche à sa fin. Ils nous remercient. On les remercie. Ce stage n’est peut-être qu’une petite éclaircie dans la vie de ces jeunes. Mais je suis contente et touchée que notre équipe des Débrouillardes aient pu y participer. Comme en témoigne Gilles : « Expérience mémorable, quelle claque ! Ils ont toujours le sourire et ne se plaignent jamais alors qu'ils n'ont rien. Belle leçon de vie. Je suis triste et nostalgique de les quitter, ils sont si attachants ! A refaire !!! » Débrouillardement vôtre, Lucie

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Catégories: debrouillardes

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